PIPELINE

UN FILM DE GABRIEL BONNEFOY

Eliott, 30 ans, est envoyé en Alaska pour des travaux de maintenance sur le Trans-Alaska Pipeline qui sillonne la région du nord au sud. Face à la grandeur des étendues sauvages, Eliott va peu à peu perdre pied. Le voyage professionnel va alors se muer en aventure initiatique. La raison se trouvera peut-être plus proche de la folie qu’il n’aurait pu l’imaginer.

réalisation/ gabriel bonnefoy
acteurs /  antonin schopfer & pauline schneider
avec la participation de / jacques probst
production / take time films
consultants écriture / frédéric landenberg, vincent pluss, valentin rotelli
directeur de la photographie / gabriel bonnefoy
images additionnelle / thomas szczepanski, jean-pierre landenberg
montage image / gabriel bonnefoy, adrien lombard
étalonnage / badi soussi, edith films
sound design son 5.1 / nicolas van deth, studio shazam
enregistrement musique originale / benjamin vicq
musique originale / l'ironie du son, fabio poujouly, guillaume peitrequin
label sortie BO sur vinyl / bongo joe records
 
partenaires du projet / hit the roof sarl, hub geneva, maman atelier, wemakeit
soutien production / emmanuelle email-zavieh, deborah landenberg, matt leighon

Ce projet est né d’envies profondes, d’être dans l’instant, de répondre au besoin viscéral de raconter une histoire, comédiens et réalisateur, sans l’intellectualiser, sans la coucher sur papier, en faisant confiance à nos instincts. Et il y avait ce besoin de retourner en Alaska, là où je m’étais perdu en pleine nature avec ce que cela comporte d’effrayant, d’y emmener deux acteurs de ma génération, qui ne s’étaient jamais rencontrés, qui n’en savaient pas plus sur le projet que mon besoin d’exprimer cette histoire. Partir tous les trois sans savoir totalement pourquoi ,ni si finalement un film existerait. Cette confiance, cette intimité sont alors devenues nos nouvelles voies de création et ont défini les règles de l’écriture de « Pipeline ».

Les deux comédiens et moi nous sommes entièrement dédiés au projet. Durant un mois nous avons sillonné l’Alaska au volant d’un van (celui du personnage principal) qui est très vite devenu notre lieu de tournage et de vie. Un décor qui se déplace dans un autre décor plus vaste, immense, l’Alaska. Notre propre aventure, notre vie, a fini par se mêler à celle d’Eliott. Les limites entre réalité et fiction sont alors parfois devenues floues, donnant une vérité aux scènes qui nous ont confortés dans l’idée que nous étions sur la bonne voie. Ces deux voyages se sont alors fondus pour laisser place à l’histoire d’Eliott qui s’est naturellement écrite.

Dans cette démarche les acteurs étaient inéluctablement au centre de l’écriture. Une écriture dont les règles se sont installées au fur et à mesure. Les premiers jours ont surtout servi à ce que nous nous familiarisions avec notre nouvel environnement. Les comédiens ont fait connaissance avec leurs personnages. Nous ne tournions quasiment pas, nous nous laissions être, tout simplement. Ensuite, nous avons dédié une partie des journées passées sur la route, à la découverte du quotidien des personnages. Pour me signifier qu’ils étaient prêts à tourner, les acteurs passaient simplement du français à l’anglais. Ceci est très vite devenu notre code pour passer de la réalité à la fiction. Je savais alors que j’avais leur autorisation et pouvais décider à tout moment de saisir leur duo d’acteurs. Une fois la caméra enclenchée, l’absence des traditionnels «claps», «actions» et autres «coupés» ainsi que les libertés inhérentes au contexte et à la légèreté de notre équipe, nous permettaient de filmer indéfiniment. D’autres limites se sont alors définies en fonction des besoins de chacun.

La B.O. de Pipeline est le fruit de la collaboration entre L'ironie du son, Guillaume Peitrequin et Fabio Poujouly. La prise de son et le mix ont été réaalisés par Benjamin Vicq au studio Hölöphonik, à Genève. En studio avec le réalisateur, devant les images du film, la musique s'est construite en parallèle à la phase finale de montage, pendant six mois et de nombreux aller-retours, la musique influençant les images et vice-versa.

Guillaume Peitrequin, Fabio Poujouly et leurs sons électroniques d'un côté, L'ironie du son et leurs sons organiques de l'autre, ont d'abord travaillé séparément pour ensuite mélanger progressivement leurs deux univers. Ils ont également créé une grande partie du design sonore du film, en développant des textures, des ambiances, des bruits, qui se sont mêlés au final aux bruitages réalistes du film.

La créaation de la bande-son s'est donc faite dans le même esprit que le tournage : un « work in progress » collectif et expérimental, au service d'une démarche artistique originale. Au final, la musique tient une place prépondérante dans Pipeline, elle amplifie la dimension contemplative du film et accompagne les questionnements intérieurs des personnages.

Afin d'aller encore un peu plus loin dans cette aventure humaine et artistique, l'équipe de Pipeline propose un concert-performance sur la projection du film.

L'idée est de reproduire la musique du film en live, dans la salle de projection, avec tous ceux qui y ont participé, telle qu'elle a été réalisée, en y ajoutant l'énergie et les contraintes du live : plus de place à l'improvisation et l'opportunité pour le public de voir les musiciens jouer devant eux.